Impire : le digne héritier de Dungeon Keeper ou simple pétard mouillé ?

Illustration d'un petit démon cornu assis sur un trône dans un donjon souterrain

Pour tous les nostalgiques des années 90, la mention de Dungeon Keeper réveille immédiatement des souvenirs impérissables : des claques bien senties administrées aux gobelins, des galeries creusées dans la roche et ce délicieux plaisir d’incarner enfin le méchant de l’histoire. Au fil des années, de nombreux studios ont tenté de reprendre le flambeau, souvent avec des résultats mitigés. C’est avec cette promesse alléchante que les développeurs de Cyanide et l’éditeur Paradox Interactive ont lancé Impire. Mais le jeu parvient-il véritablement à s’imposer face aux monstres sacrés du genre ?

Le pitch : de seigneur des enfers à diablotin souffre-douleur

Le point de départ scénaristique d’Impire ne manque pas d’autodérision. Vous incarnez Baal-Abaddon, un démon légendaire jadis tout-puissant, invoqué dans le monde des mortels par un mage noir profondément incompétent nommé Oscar van Fairweather. Problème de rituel : au lieu de retrouver sa stature terrifiante, le grand seigneur des ténèbres se retrouve enfermé dans le corps chétif d’un petit diablotin ridicule.

Votre objectif consiste donc à reconstruire votre forteresse souterraine, à collecter des ressources et à terrasser les héros humains pour regagner peu à peu votre puissance passée. L’ambiance générale est portée par des dialogues amusants et un doublage soigné qui apportent une vraie fraîcheur narrative, rappelant les parodies vidéoludiques que l’on retrouve dans des pépites comme Evoland.

Gestion de domaine et raids en surface

Sur le papier, le titre coche les cases de la gestion de donjon classique. Vous creusez des salles, affectez des ouvriers, bâtissez des cuisines, des armureries et des dortoirs pour maintenir le moral de vos troupes. L’excavation rappelle ce plaisir universel du creusage souterrain, presque aussi méthodique qu’une séance de minage optimisé dans Minecraft. Cependant, Impire s’éloigne du modèle originel en intégrant une mécanique de raids extérieurs.

Pour amasser trésors, vivres et matériaux rares, vous devez former des escouades de créatures et les envoyer ravager les villages humains en surface. Cette hybridation avec les codes de la stratégie en temps réel (RTS) et du pillage organisé fait écho à des titres orientés assaut comme The Mighty Quest for Epic Loot, avec une dimension tactique bienvenue mais parfois contraignante.

Les points qui fâchent : ergonomie et micro-gestion

Malheureusement, l’expérience souffre de lourdeurs techniques qui viennent freiner l’enthousiasme. Contrairement à ses modèles, Impire délaisse l’autonomie organique de vos créatures au profit d’une micro-gestion manuelle assez rigide :

  • Une interface peu intuitive : la navigation entre les différents étages et la gestion des escouades manquent de fluidité en plein combat.
  • Une IA capricieuse : les unités peinent parfois à trouver leur chemin dans les couloirs du complexe souterrain ou répondent tardivement aux ordres d’attaque.
  • Un rythme en dents de scie : le temps d’attente pour générer des ressources de base ralentit artificiellement la progression sans apporter de défi intellectuel supplémentaire.

Quel bilan pour Impire aujourd’hui ?

Malgré ses défauts de jeunesse et son gameplay qui s’éloigne un peu trop de la pure simulation au profit d’un RTS poussif, Impire conserve un charme indéniable grâce à sa direction artistique, son humour noir et son ambiance visuelle soignée. S’il ne détrône pas le maître du genre, il constitue une curiosité intéressante pour les amateurs d’univers fantastiques décalés qui ont envie de jouer les seigneurs du mal pendant quelques heures.

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