Quand on plonge dans l’univers crasseux et fascinant de Dunwall, les premières heures sont souvent décisives. Si les deux premières séquences servent d’introduction musclée aux mécaniques d’évasion, le troisième volet de notre périple marque le véritable baptême du feu. C’est le moment où la liberté d’action se déploie enfin, où la carte cesse de vous tenir par la main pour vous laisser composer avec la garde urbaine, les rats pestiférés et les systèmes d’alarme archaïques.
L’art de la verticalité : comprendre l’espace urbain
Le chef-d’œuvre d’Arkane Studios ne se joue pas au ras du sol. S’obstiner à marcher dans les ruelles pavées, c’est s’exposer inutilement aux patrouilles et risquer une confrontation frontale coûteuse en ressources. Dès cette étape du jeu, le pouvoir de Clignement (Blink) devient votre meilleur allié. Prendre de la hauteur permet non seulement d’anticiper la ronde des gardes, mais aussi de repérer des fenêtres ouvertes, des balcons accessibles et des conduits oubliés.
Observer avant d’agir est la règle d’or. Chaque carrefour propose au moins trois approches distinctes :
- La voie aérienne : sauter de lampadaire en corniche pour contourner un barrage sans laisser la moindre trace.
- L’infiltration au ras du sol : se faufiler sous les quais ou dans des canalisations, une technique que l’on retrouve poussée à l’extrême plus tard, notamment dans les égouts de Dunwall.
- La diversion tactique : pirater un portail foudroyant ou lancer une bouteille pour désorganiser une escouade curieuse.
Gestion des runes et des charmes d’os : que privilégier au départ ?
Au tout début de votre périple, vos ressources magiques sont limitées. Investir ses premières runes à l’aveugle est une erreur classique qui se paie cher lors des affrontements plus denses. Pour une progression équilibrée, le niveau 2 du Clignement doit être votre priorité absolue : l’augmentation de la portée transforme radicalement votre mobilité et rend accessibles des toits auparavant inatteignables.
Dans un second temps, la Vision ténébreuse s’avère particulièrement utile si vous cherchez à anticiper les champs de vision ennemis et à repérer les objets de valeur à travers les cloisons. Cette capacité évite de se faire surprendre au détour d’une porte entrouverte, vous épargnant les mauvaises surprises que l’on rencontre lors des missions plus complexes, comme le prouve ce chapitre où l’on fait face à des retrouvailles sanglantes et des choix moraux cornéliens.
Chaos faible ou Chaos élevé : assumer ses responsabilités
Dishonored observe chacun de vos gestes. Tuer chaque garde sur votre passage peut sembler tentant pour nettoyer la zone, mais la prolifération des geignards et la multiplication des nuées de rats viendront rapidement assombrir votre progression. Si vous souhaitez éviter de basculer vers une fin chaotique et désespérée, privilégiez les neutralisations non létales : étranglement discret, carreaux anesthésiants et dissimulation méthodique des corps dans des bennes ou des pièces verrouillées.
Prendre son temps, explorer chaque appartement abandonné et écouter les conversations des civils : voilà la véritable clé pour savourer Dunwall. Ce troisième acte de notre aventure confirme que la patience est l’arme la plus redoutable de Corvo Attano.




