S’il y a bien une mission emblématique dans le chef-d’œuvre d’Arkane Studios, c’est sans conteste celle de la Maison de Plaisir. Dans ce onzième épisode de notre périple à travers la cité pestiférée de Dunwall, les enjeux montent d’un cran. Corvo Attano doit accomplir une double tâche particulièrement délicate : retrouver la jeune héritière légitime, Emily Kaldwin, et éliminer l’influence néfaste des jumeaux Pendleton, deux aristocrates corrompus retranchés au Golden Cat.
L’art du level design au Golden Cat
Le Golden Cat reste une leçon magistrale de conception d’environnement dans le monde des simulateurs immersifs. Après s’être faufilé par les ruelles coupe-gorge et avoir exploré les sous-sols — un périple tactique qui rappelle nos passages précédents dans les égouts —, l’accès à ce lupanar aristocratique offre une verticalité étourdissante.
Entre les balcons surveillés, les toitures patrouillées par les gardes armés et les conduits de ventilation idéaux pour la possession de rats, le joueur est constamment invité à improviser. La beauté de Dishonored réside précisément dans cette liberté totale d’approche :
- L’approche spectrale : se faufiler sans déclencher la moindre alerte en utilisant le Clignement (Blink) pour bondir d’un lustre à une corniche.
- L’approche brutale : semer la panique au corps-à-corps, en exploitant les pouvoirs de Nuée dévorante pour faire régner la terreur parmi la garde urbaine.
- L’opportunisme environnemental : saboter les vannes de la salle des bains de vapeur pour éliminer une cible sans même lever son épée.
Retrouvailles avec Emily et dilemme moral
Le cœur émotionnel de cette séquence repose sur les retrouvailles avec la petite Emily. Cachée dans une chambre aux étages supérieurs, sa libération change l’atmosphère oppressante de la mission. Mais sécuriser sa fuite nécessite d’abord de neutraliser la menace Pendleton.
Comme toujours à Dunwall, la violence n’est pas la seule issue. Le jeu propose une méthode non létale particulièrement sombre avec l’aide de Slackjaw, le chef du gang de Bottle Street. En échange d’un service rendu chez le marchand d’art, Slackjaw propose de raser le crâne des deux frères et de les envoyer travailler de force au fond de leurs propres mines d’argent. Un châtiment poétique, certes cruel, mais qui préserve vos mains du sang direct.
L’impact direct sur le chaos global
Chaque action commise dans les couloirs feutrés du Golden Cat pèse lourd sur la balance du monde. Opter pour un carnage pur et simple fait grimper en flèche le niveau d’entropie urbaine, multipliant les rats porteurs de peste et les geignards pour la suite de l’aventure, vous orientant peu à peu vers une fin chaotique particulièrement sombre.
Dans notre session, l’ambition était de jongler habilement entre discrétion chirurgicale et gestion des imprévus. Entre deux ouvertures de portes dérobées, fouiller chaque recoin s’avère crucial pour amasser l’or nécessaire aux améliorations de Piero. D’ailleurs, si vous aimez décortiquer les énigmes et combinaisons dissimulées dans le décor, ne manquez pas la suite où l’on se prend la tête avec un coffre récalcitrant.
Cette étape reste l’un des moments charnières de la narration : Emily est sauvée, le camp loyaliste reprend de la force au Hound Pits Pub, mais les véritables trahisons ne font que commencer à se dessiner dans l’ombre.




